TROIS JOURS D’ARRET DE PRODUCTION: LES BOULANGERS EN MODE «SANS PAIN»

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Les Sénégalais en général, et les dakarois en particuliers, risquent d’éprouver de la peine pour disposer de leur baguette de pain au petit-déjeuner au cours des trois jours à venir. En effet, les boulangers ont décidé de mettre à exécution leur menace d’observer 72 heures sans pain. Et ce, à compter de ce mercredi.

Tout nouveau ministre du Com￾merce, MmeAminataAssome Di￾atta, n’a pas réussi à désamorcer la crise du pain. Elle n’a pas puconvaincre la Fédération na￾tionale des boulangers du Sénégal (FNBS) et le Regroupement des boulangers de Dakar, de renoncer à leur «grève du pain». Ces deux organisations avaient, en effet, annoncé en fin de se￾maine dernière, un plan d’action consistant à observer un mot d’ordre de «72 heures sans pain» sur toute l’étendue du pays. Une menace mise à exécution dès ce mercredi et pour trois jours, soit
donc jusqu’au vendredi. Hier, le ministre du Commerce a joué aux pompiers en convoca￾tion les boulangers à une concer￾tation pour trouver une solution et ainsi éviter les journées sans pain. Mais les deux parties ne se sont pas accordées. Et la FNBS a choisi de maintenir son mot d’ordre. Histoire aussi de maintenir la pression surles autorités et obtenir ce qu’elle réclame. A savoir une correction à la hausse du prix du pain, comme les meuniers qui ont augmenté le prix de la farine. «Nous avons rencontré le min￾istre du Commerce qui nous a
convié à une concertation. Mais elle ne nous a pas vraiment con￾vaincus. Donc, nous irons en grève pour 72 heures à partir de mercredi. C’est ce que la base a décidé et nous allons suivre en maintenant notre plan d’action», a asséné le président de la Fédération nationale des
boulangers du Sénégal. Amadou Gaye d’avertir que si leurs revendications ne sont pas satisfaites parles autorités, ils vont aller encore plus loin en s’inspirant notamment de la stratégie des «Gilets jaunes» en France. Cela, à travers un mouvement perlé qui va s’étaler jusqu’au mois, très sensible, de Ramadan pour ne pas relâcher la pression et éviter d’être rouler dans la farine. Des séries de grèves à
l’image des «Gilets jaunes» en France «Notre démarche, ce sera, toutes les semaines, s’il n’y a pas d’évo￾lution satisfaisante, de faire
comme les ‘Gilets jaunes’ en France. C’est à dire que toutes les semaines, nous allons voir com￾bien de jours nous allons observer un arrêt de production, jusqu’à ce qu’on obtienne satisfaction», a ajouté M. Gaye Et cela jusqu’au mois de ramadan», poursuit Amadou Gaye.
Selon lui, la rencontre avec le min￾istre du Commerce s’est soldé sur un échec dansla mesure où Mme Aminata Assome Diatta a certes
fait des propositions qui seront partagées enConseildes ministres, ce jour, avec le président de la République, mais qui ne sont pas
satisfaisantes, à leurs yeux. Conscient de la sensibilité du mois de Ramadan qui débute dans un peu plus de trois semaines, Amadou Gaye persiste que «la base n’est pas pour la suspension du plan d’action en cours. Du moins tant que les choses ne bougent pas véritablement. Nous en sommes là, pour alerter et montrer que les boulangers du Sénégal sont dans les difficultés. C’est pourquoi, nous avons dé-
cidé, à l’unanimité, d’aller vers un arrêt de production. D’ailleurs, les grandes villes de ce pays sont avec nous et vont suivre ce mouvement». Les autorités entre regrets et menaces Ousmane Mbaye, Directeur du commerce intérieur, regrette l’en￾têtement des boulangers à aller en grève. «C’est très regrettable. Parce que nous avons tenu une réunion très longue et très in￾téressante avec le tout nouveau ministre du Commerce et les boulangers. Et elle les a rassurés quant à son engagement person￾nel pour voir avec les meuniers
dans quelle mesure on pourrait aller sur une réduction du prix de la farine. On est donc surpris de les voir rester sur cette position
radicale», a-t-il analysé. Ousmane Mbaye assure cepen￾dant que l’Etat veillera pour per￾mettre à tous les boulangers qui ne sont pas dans le mouvement et qui veulent produits du pain de le faire sans encombre. «Le gouvernement prendra ses dispositions pour que tout
boulanger qui veut produire et distribuer du pain, puisse le faire en toute sécurité», déclare M. Mbaye.
Vox Pop

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