A LA UNEACTUALITESPolitique

L’OPPOSITION SENEGALAISE TARDE TOUJOURS A TIRER LES LECONS DE SA DESUNION

Depuis les législatives du 30 juillet dernier, l’Opposition sénégalaise n’a pas pris de décision majeure allant dans le sens d’asseoir son unité.
Les trois coalitions qui étaient nées de l’éclatement de Mankoo, en l’occurrence Mankoo Taxawu Senegaal, Wattu Senegaal, Yessal et le pôle alternative 3ème voix, dirigé par le Docteur Cheikh Tidiane Gadio, sans oublier tous ceux qui se réclament de l’opposition, ne se sont jamais rencontrés.

Pire qu’avant, aucune démarche n’a été entamée pour amorcer le dialogue interne entre adversaires de Macky dans la perspective de la préparation de la Présidentielle dans 15 mois.

L’urgence n’est pas de trouver un candidat unique et consensuel, ce qui serait prématuré et presqu’impossible au premier tour où nombre de partis tiennent à mesurer leur poids politique pour le monnayer en cas de second tour, mais il est important de trouver un cadre commun de concertation, de dialogue et d’échanges autour de stratégies de lutte.

Car, écrit Rewmi quotidien, cette opposition manque cruellement de leader catalyseur autour d’idéaux et d’objectifs communs. Le retour de Wade y a créé un malaise qui se poursuit. Ce dernier est vieux et n’est plus présidentiable. Or, il semble être le seul à fédérer tout le monde. Le leader de Pastef Ousmane Sonko, celui d’Act, Abdoul Mbaye, Bamba Fall de la coalition Taxawu Senegaal de Khalifa Sall, et bien d’autres, sont partis le voir pour s’enquérir de la démarche à suivre.

Pourtant, Wade fait manifestement cavalier seul. Son parti continue à dire qu’il ne participera pas à des élections organisées par Macky Sall sans qu’au préalable, des malentendus sur le processus électoral ne soient levés. Et, pour cela, il faut un dialogue. Or, Wade refuse le main tendue de Macky pour un dialogue. Alors, c’est l’impasse.

Si le Pape du Sopi ne peut pas se présenter et somme son parti de ne pas le faire, qui va prendre la relève ? Khalifa Sall est en prison et ne va en sortir de sitôt, Karim Wade est en exil, Idrissa Seck parle de moins en moins et les autres leaders comme Cheikh Tdiane Gadio, Pape Diop, Baldé, Cheikh Bamba Dièye, etc. ne prennent pas les choses en main. Aucun de ces leaders ne fait d’ailleurs l’unanimité au sein de ses pairs.

Les bisbilles notées entre certains leaders, comme entre Baldé et Gadio, le jeu clair-obscur d’autres comme Fada, Aïda Mbodj, Aïssata Tall Sall, Farba Senghor, Pape Samba Mboup, etc. en constituent des obstacles de plus.

Absence de cadre de concertation

Pis, le cadre de concertation comme Mankoo Wattu Senegaal n’existe plus. A ce propos, Benno Bokk Yakaar a une longueur d’avance sur l’Opposition. Cette coalition au pouvoir a le mérite d’avoir son leader, ses partis et des objectifs clairs sans oublier les moyens qui sont souvent ceux de l’Etat.

Si donc ce statu quo se maintient, il ne sera pas étonnant que l’Opposition qui tarde à se réveiller ait des difficultés à faire face à Macky.
Or, tant que Wade sera là avec ses démons et sa démarche alambiquée, l’Opposition restera amorphe, du moins divertie.

La preuve, face à des distorsions aussi graves que ce qui se passe à Yavuz Slim, les propos du Ministre Qatari des Affaires étrangères sur la diplomatie sénégalaise, l’absence de notre pays au G5 Sahel, le massacre des Rohingya en Birmanie et bien d’autre sujets comme la refonte inachevée du fichier électoral, c’est la Société civile qui a pris le relais pour combler le vide laissé par une opposition peut entreprenante.

La réalité est que depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le terrain politique est trop favorable à Macky qui se pavane à loisir et multiplie les initiatives, notamment de déstabilisation du camp adverse.

Pendant ce temps, seule une partie de la Société civile et de la presse lui oppose un contre-pouvoir, et de quelle manière.
Le terrain est laissé à des leaders comme Barthélémy Dias, Mamadou Diop Decroix, Ousmane Sonko dont la pugnacité politique n’est pas à la hauteur de la popularité au plan national.

Aujourd’hui, rien n’empêche aux leaders de l’opposition de se retrouver pour dépasser les divergences d’avant-législatives en constituant un front unique, ne serait-ce dans l’intérêt supérieur du Sénégal.

A défaut, les initiatives de la dernière heure prospèrent rarement face à la détermination d’un Président qui tient son second mandat.

Related Articles

Poster un Commentaire

Close

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker

Facebook