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Harcèlement de rue: l’agresseur de Marie Laguerre condamné à six mois de prison ferme

Jugé ce jeudi pour « violence avec usage ou menace d’une arme », l’agresseur de Marie Laguerre a été condamné à un an de prison dont six mois avec sursis.

L’affaire a été érigée en symbole de la lutte contre les humiliations quotidiennes faites aux femmes. Ce jeudi, l’agresseur de Marie Laguerre, la jeune femme giflée en pleine rue, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison dont six mois avec sursis, trois ans de mise à l’épreuve et 2.000 euros de dommages-intérêts. Il devra également suivre un stage de sensibilisation aux violences faites aux femmes, « la partie la plus satisfaite » de la peine pour Marie Laguerre. Elle souligne également le « message fort et juste » porté par la juge, la procureure et son avocate concernant les effets du harcèlement de rue sur les femmes.

La jeune femme s’est toutefois sentie « insultée » lors du plaidoyer de l’avocate de la défense. « Il y a tous les jours dans les tribunaux des faits bien plus graves de violences conjugales ou de viols et ce dossier est d’une banalité affligeante », a déclaré Me Tadjine. « Et après on se demande pourquoi les femmes ne portent pas plainte », raille Marie Laguerre, frappée le 25 juillet dernier en pleine rue. Le prévenu, un sans domicile fixe de 25 ans, l’avait interpellée à coups de commentaires et bruits obscènes. Agacée, lassée, Marie Laguerre lui avait rétorqué un « ta gueule » donnant lieu à un déferlement de violence. Devant le tribunal correctionnel, les antécédents du prévenu n’ont pas plaidé en sa faveur: depuis 2012 il a été condamné neuf fois pour des faits allant de la conduite sous stupéfiants à l’enlèvement avec séquestration en passant par du proxénétisme aggravé.

Victoire amère

Une condamnation certes, mais au goût amer. Marie Laguerre espérait un procès pour harcèlement sexuel, or les faits ont été requalifiés en « violence avec usage ou menace d’une arme ». Le parquet a estimé que sans répétition « de propos ou comportements à connotation sexuelle » comme en dispose l’article 222-33 du code pénal, le harcèlement sexuel n’était pas caractérisé. Avec ce procès, la victime de 22 ans porte toutefois l’étendard des victimes du harcèlement de rue. Elle espère ainsi « mettre des mots sur la situation dans laquelle se trouvent les femmes et faire avancer leur cause », a-t-elle déclaré.

Les images de son agression, publiées sur sa page Facebook et vues plus de deux millions de fois, avaient déjà suscité un tollé en plein débat parlementaire autour de la loi Schiappa sur les violences sexuelles et sexistes. Persuadée que son histoire est loin d’être un cas isolé, Marie Laguerre a lancé début août la plate-forme Internet « noustoutesharcèlement.fr » pour recueillir des témoignages. Elle a déjà enregistré plus de 1.500 contributions tandis que sa pétition sur change.org ne compte pas moins de 75.000 signatures

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